JD : la perfectude

JD : la perfectude
Photo : NMAT. Quasiment.
Les JD sont beaux :

Une mannequin élancée presque blonde, la peau scintillante de blancheur, des yeux de ciel d'été.
Un puissant corps de sirène, un teint de Blanche-Neige, des cheveux lisses comme une rivière de soie.
Un roc poli brillant moussu, muscles de pierres et mains de musicien.

Les JD sont intelligents :

Mention très bien au bac en ayant dessiné sur ses cours toutes l'année.
Terminale S à J. - l'élite de la nation - sans s'en faire.
Terminale S à J. - l'élite de la nation - veut absolument 20 en maths au bac - le pire : il risque de l'avoir.

Les JD sont jeunes :

Et mineurs, alors pas touche !

Les JD sont subtils :

Euh... Faut pas exagérer quand même (en fait ils sont si subtils que ça se voit pas. Vraiment pas.)

Les JD sont drôles* :

Blague du Chien' s inventeuse
Blague du Renard's raconteuse
Public (très) compréhensif

Les JD sont parfaits :
Indubitablement.

* = nulle part n'est précisé qu'il s'agit d'un humour subtil, intelligent et fin.

# Posté le dimanche 08 novembre 2009 17:02

Modifié le jeudi 12 novembre 2009 13:42

Extraits

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"J'étais bien obligé d'assister dans le laboratoire à ses tours de magie qu'il renouvelait à un rythme vertigineux : c'était un univers réellement insolite, plein de chimères et de fantasmes. Au moment même où ses obsessions avaient atteint leur paroxysme, son mystérieux génie semblait aussi avoir trouvé sa suprême expression ; des paysages mobiles comme des kaléidoscopes, beaux et inquiétants comme il n'en existe nulle part en ce monde [...]. Un autre jour encore, la chambre s'était complètement transformée en un immense kaléidoscope. Mon ami avait acheté des magasins entiers de fleurs multicolores, et les avait introduites dans un tube triangulaire long de plusieurs dizaines de pieds, composé de miroirs et actionné par une machinerie qui le faisait tourner avec force cliquetis, projetant comme dans un rêve d'opium des pétales grands comme des nattes, et ce, par milliers et dizaines de milliers, en un arc-en-ciel, en une aurore boréale, qui enveloppait totalement l'univers du spectateur."

Kagami Kigoku (L'Enfer des miroirs) par Edogawa Rampo (alias Hirai Tarô)

"En inventant l'arme prestigieuse qui porte son nom, Césarien de la Baïonnette a plus fait pour la guerre que S½ur Teresa pour les pauvres. Les grandes étapes de la vie édifiante de Césarien de la Baïonnette :
Le 11 novembre 1914-18, naissance à Bayonne de Césarien de la Baïonnette. Son père était tailleur, mais sa mère était là, c'est le principal.
[...] A quarante et un ans, contrairement aux autres sommités qui ont tendance à mourir à la suite d'une longue et cruelle maladie, il meurt à la suite d'une courte maladie rigolote.
Dans tout ça on se demande où il a encore pu trouver le temps d'inventer la baïonnette. Césarien de la Baïonnette était un homme réservé pour tous pays, y compris l'URSS. Mais sous ses dehors discrets d'éventreur mondain, il cachait une putain d'âme de poète délicat."

Manuel de savoir-vivre à l'usage des rustres et des malpolis par Pierre Desproges

"Les rideaux de son lit furent tirés, vous dis-je, de côté, par une main invisible [...] et Scrooge [...] se trouva face à face avec le visiteur surnaturel qui les tirait, aussi près de lui que je le suis maintenant de vous, et notez que je me tiens debout, en esprit, à votre coude.
C'était une étrange figure... celle d'un enfant ; et néanmoins, pas aussi semblable à un enfant qu'à un vieillard vu au travers de quelque milieu surnaturel, qui lui donnait l'air de s'être à distance et d'avoir diminué jusqu'aux proportions d'un enfant. [...] Ce n'était point là cependant, en regardant de plus près, son attribut le plus étrange aux yeux de Scrooge. Car, comme sa ceinture brillait et reluisait tantôt sur un point, tantôt sur un autre, ce qui était clair un moment devenait obscur l'instant d'après ; l'ensemble de sa personne subissait aussi ces fluctuations et se montrait en conséquence sous des aspects divers. Tantôt c'était un être avec un seul bras, une seule jambe ou bien vingt jambes, tantôt deux jambes sans tête, tantôt une tête sans corps ; les membres qui disparaissaient à la vue ne laissaient pas apercevoir un seul contour dans l'obscurité épaisse au milieu de laquelle ils s'évanouissaient."

Chant de Noël par Charles Dickens

"_ Vraiment, dit le chat, ça ne m'intéresse pas énormément.
_ Tu as tort, dit la souris. Je suis jeune encore, et jusqu'au dernier moment, j'étais bien nourrie.
_ Mais je suis bien nourri aussi, dit le chat, et je n'ai pas du tout envie de me suicider, alors tu vois pourquoi je trouve ça anormal.
_ C'est que tu ne l'a pas vu, dit la souris.
_ Qu'est-ce qu'il fait ? demanda le chat.
Il n'avait pas très envie de le savoir. Il faisait chaud et ses poils étaient tous bien élastiques.
_ Il est au bord de l'eau, dit la souris, il attend, et quand c'est l'heure, il va sur la planche et il s'arrête au milieu. Il regarde dans l'eau. Il voit quelque chose.
_ Il ne peut pas voir grand-chose, dit le chat. Un nénuphar, peut-être.
_ Oui, dit la souris, il attend qu'il remonte pour le tuer."

L'Ecume des jours par Boris Vian

"Seul de la bande, Anthony était silencieux. La parole eût compromis le bonheur délicat dont il jouissait. Le dernier verre de champagne avait fait de lui l'habitant d'un monde nouveau, extraordinairement beau, précieux, riche de sens. Les pommes et les oranges dans le compotier d'argent ressemblaient à d'énormes joyaux. Chacun des verres, sous la lumière des bougies, contenait non du vin mais un gros béryl jaune translucide. Les roses avaient la texture luisante du satin, et la dureté brillante, la précision de forme qui appartiennent au métal ou au verre. Les sons mêmes étaient figés et cristallins. La Jeune Dame de Kew était l'équivalent à son oreille d'un jade sculpté, et cette discussion violemment futile au sujet des grouses lui évoquait une cascade en hiver. "Le transparent glacier des vols qui n'ont pas fui", songea-t-il avec un plaisir accru. Tout était surnaturellement brillant et distinct, mais aussi étrangement lointain, sans rapport avec le réel."

La paix des profondeurs par Aldous Huxley

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Extraits

# Posté le dimanche 27 septembre 2009 13:15

Modifié le dimanche 27 septembre 2009 15:29

Sea, Sex & Sun. Ou presque.

Sea, Sex & Sun. Ou presque.
Je suis allée à la mer ce matin. (vive Montpellier dans sa proximité méditerranéenne)
Ce que l'homme divinise, c'est l'infini et l'éternel ; c'est tout ce qu'il n'est pas. C'est le durable et perdurable, ce qui n'a ni bornes ni côtés ni fins. Ni commencement ni achèvement, ni ascension ni chute. La mer donne l'illusion de l'éternel. Elle est là depuis toujours à l'échelle de mémoire des hommes, elle les dépasse, les humilie, les calme de son calme qui semble infini. Vaguée dans sa majesté, qu'elle hurle ou qu'elle murmure, elle nous est tant supérieure que si trop longtemps on la contemple, un délicieux vertige horizontal nous prend.
Je ne parlerais pas de l'exquise sensation lorsque, après que le soleil nous eût brûlé le crâne, plongeant la tête, le corps en étoile sur l'eau, le frais aspire la pointe de nos racines comme mille glaçonnets électrisants qui nous font trembler de plaisir. Non, je ne parlerais pas de ce frisson qui nous parcourt, instant de bonheur durant lequel, ne voulant plus rien d'autre, ne désirant plus rien sinon la permanence de cet état d'une vivacité langoureuse, nous nous approchons des étoiles. Lorsque plus rien ne manque, le temps s'arrête ; l'homme devient immortel.
Je suis allée à la mer ce matin. Je voulais vous parler de l'infini. Cette immensité que nous voyons sans fin, et cette force qui semble immuable, incalculable par nos cerveaux humains, ont un étrange effet sur nous, ou en tout cas, sur moi. Mais ne vous sentez-vous pas à la fois repus et fatigués, contents et indolents , après être allé marcher, nager ou s'allonger dans le sable et dans cette eau salée ? Comme si cette immensité vous avait tiraillé, vous avait relié au cosmos imperceptiblement, et imperceptiblement vous avait dépossédé d'un peu de votre énergie vitale ? De votre futilité, de vos soucis, de vos mémoires, de vos réflexes ? Vos rêves remplacés, effacés par un rêve plus grand, rêve sans paroles ni images, bleu-vert à remplir toute la tête et tout le corps, ce corps si relié à la Structure pendant un instant impalpable... ?
Je suis allée à la mer ce matin. J'aime la mer.


Photo extraite du photoblog d'Aiguebrun.

# Posté le dimanche 27 septembre 2009 12:52

Modifié le dimanche 11 octobre 2009 11:32

Tout est un

Tout est un
Tout se rejoint.
Bon, peut-être pas tout. Mais pas mal.
Le baroque - comme mes phrases - a fort à voir avec l'angoisse - ex : Blaise, mon choupinet, champion des angoissés. A priori c'est le jour et la nuit (à propos, qu'est-ce qui est venu en premier : le jour ou la nuit ? J'ai bien ma petite idée mais laissez-moi votre avis) mais en fait, Shakespeare, Pascal, FullMetal Alchemist, le système solaire et la physique quantique ONT quelque chose en commun. En dehors du fait que je les apprécie tous, même si je ne comprends pas tout (particulièrement pour la physique quantique). C'est peut-être ce quelque chose de commun que j'aime, finalement. Je me le demande, en tout cas. Et ce besoin de magie folle ou de folie magique aussi - le fantastique.
Rejet ou incorporation ?
En tout cas c'est un phénomène de société. Comme tout ce qui peut nous arriver, à nous zoon politikon.
Mais je parle, je parle (c'est tout ce que j'sais faire...).
Premier jour de cours en fac, pas mal de galères (but I will survive, like Hitsufi), quelques contacts, des appréhensions et de modestes victoires (de la musiiiiiique). Je crois voir mes amis à tous coins de rues. C'est pas eux. Pas grave, ils sont dans ma tête.
[Vous m'manquez]

Encore pas mal de choses à faire avant que tout ce grand "bazaar" devienne routine (prononcez avec l'accent anglais, c'est moche).
Tout un tas de questions, aussi. Les mots de ce prof sont comme le soc d'une charrue dans le champ de mon esprit : il enfonce des questions, soulève à la surface des éléments de réflexion, bref remue un peu ce qui est fait pour bouger. Un esprit puissant est vif, alerte, mobile, en perpétuel mouvement. D'ailleurs, le mouvement perpétuel, c'est aussi un truc que j'aime lié avec les autres trucs que j'aime cités plus haut.

[Un truc que j'aime pas et qui n'a rien à voir (logique vu que je parlais de ce que j'aimais) : les slims (particulièrment sur les mecs). Quelle horreur, ce vêtement qui colle et entrave, lie, renie, détient, retient, saucissonne, ficèle, harcèle, querelle notre chair, nos fesses, nos cuisses, même nos petits doux mollets, écrase, ligote, déforme, enferme nos formes et nous empêche de courir, de voler ; de se relever.]


En photo : extrait de FMA - le manga (meilleur que l'anime & le film, à mon goût). Quand je dis que les gosses, c'est flippant...

# Posté le lundi 21 septembre 2009 11:39

Modifié le dimanche 11 octobre 2009 11:36

Reiko "n'entend plus la musique"...

Reiko "n'entend plus la musique"...

"Il y a une grange, très vaste... Je vais y entrer... C'est la grange de la maison de Toshi-chan. Parce que c'est une vieille maison... Toshi-chan - mon cousin, celui à qui on m'a ensuite fiancée - m'a dit qu'il allait me montrer quelque chose d'amusant, alors moi... Mais finalement, je repars sans entrer dans la grange... Parce que j'ai peur, comme ça, vaguement... Peur de quoi, je ne sais pas.
Et puis cette fois je suis seule, je fais cliqueter mes ciseaux, je coupe du papier bleu pour faire un origami. Vous savez, j'avais les cheveux coiffés au carré, avec une frange, et j'étais une petite fille très adroite... Je découpe le papier à toute vitesse, mais j'ai beau couper et couper, ce papier bleu n'en finit pas, j'ai beau tirer dessus, il s'étend indéfiniment... oui, c'est comme ça. Je continue mon découpage. Et je me rends compte que ce papier se prolonge jusqu'au ciel bleu. Je m'obstine à y donner des coups de ciseaux, alors le ciel se déchire et par cette déchirure soudain... Ah ! c'est effrayant !..." s'est écriée Reiko, et elle a couvert son visage de ses mains.



tiré de "La musique" de Yukio Mishima.

# Posté le mardi 15 septembre 2009 14:01